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Les montres de plongées refont surface Christophe Roulet 14 october 2008 |  | |
Blancpain qui affiche sa passion pour la mer au Monaco Yacht Show avec ses Fifty Fathoms; Rolex qui met en exergue sa maîtrise technique via sa Sea-Dweller Deepsea ; après une année 2007 riche en nouveaux modèles de plongée, les Maisons restent des plus sensibles à l’univers marin.« On ne partage que ce que l’on aime et l’on aime que ce que l’on connaît ! » C’est en ces termes qu’Alain Delamuraz, vice-président de Blancpain, a accueilli ses hôtes à bord du « Over the Rainbow », un bateau restauré par feu Jean-Michel Folon ancré pour l’occasion dans la rade de Monaco lors du dernier Yacht Show qui se tient tous les ans dans la Principauté. Or ce que Blancpain connaît parfaitement depuis un demi siècle et cherche à faire partager aux aficionados de la marque, c’est bien le monde marin, ses mystères et les codes qu’il pose immanquablement aux horlogers désireux de développer des modèles de plongée. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle la manufacture du Brassus a apporté son soutien à la sensibilisation des jeunes générations au monde marin et à sa préservation via un stage de plongée offert à une cinquantaine de jeunes qui se tiendra sous la houlette de l’Ecole Bleue dirigée par l’apnéiste Pierre Frolla. Une démarche que S.A.S. le Prince Albert II de Monaco est venu soutenir en personne, soulignant que si « deux milliards de personnes n’ont pas accès quotidiennement à l’eau, il est d’autant plus important d’en assurer la protection et d’encourager toutes formes de lutte contre la pollution. C’est pourquoi, je suis très sensible à cette initiative que je favorise entièrement ».  Luc Pettavino du Monaco Yacht Show, S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, Alain Delamuraz et Marc-Alexandre Hayek de la maison Blancpain, Pierre Frolla, directeur de l’Ecole Bleue, l’apnéiste Gianluca Genoni et deux élèves de l’école La renaissance d’une légende Fifty Fathoms automatique, en 2007 Blancpain décidait de revisiter complètement son modèle mythique © Blancpain Si Blancpain affiche une telle proximité avec l’élément aquatique, cela ne doit rien au hasard. En lançant la Fifty Fathoms en 1953, un modèle spécialement créé pour les « Nageurs de combat », unité d’élite alors nouvellement créée par l’armée française, la Maison est très rapidement devenue une référence dans l’univers d’une complications horlogère de plus en plus prisée du grand public. D’autant que la Fifty Fathoms, dont l’étanchéité était garantie jusqu’à 50 brasses, d’où son nom, s’est rapidement imposée comme la montre de prédilection de nombreuses forces spéciale en raison de sa robustesse et de sa fiabilité, adoptée notamment pour les missions d’exploration océanographique par le fameux GERS (Groupement d’études et de recherches sous-marines), le Commandant Cousteau et Louis Malle durant le tournage du Monde du Silence. Las, après cette entrée fracassante sur le marché, la Fifty Fathoms a largement vécu sur sa gloire passée. Tout au plus la manufacture en portait l’étanchéité à 300 mètres en 1997 pour la doter d’une nouvelle lunette six ans plus tard, à l’occasion du 50e anniversaire de son lancement.  Blancpain part cette année à la conquête des femmes avec une Fifty Fathoms déclinée en blanc © Blancpain Plus rien de tel aujourd’hui. En 2007, Blancpain décidait de frapper un grand coup en revisitant complètement son modèle mythique, décliné cette fois en trois versions : automatique, chronographe flyback et tourbillon. Si les codes de cette montres de légende ont été rigoureusement respectés – étanchéité à 300 m, index et aiguilles luminescents surdimensionnés, couleur noire du cadran et de la lunette tournante unidirectionnelle au relief cranté – la Maison n’a pas lésiné sur la motorisation. Pour bien souligner sa volonté de rendre à la Fifty Fathoms toutes ses lettres de noblesse, Blancpain a en effet développé un tout nouveau mouvement exclusif à la marque, le calibre 1315 automatique dérivé du 13R0 à remontage manuel. Il intègre ainsi un rotor bimétallique très dense pour une meilleure efficacité de remontage, un balancier en glucydur plus lourd que le titane doté de vis réglantes placées sur la serge afin d’éviter tout dérèglement dû aux chocs et trois barillets montés en série permettant d’assurer une réserve de marche de 5 jours. Dernière subtilité : les rubis de grande taille sont directement enchâssés dans les ponts et platines pour conserver la magie visuelle des mouvements de tradition. Pour élargir son public, Blancpain part cette année à la conquête des femmes avec une Fifty Fathoms déclinée avec lunette, cadran et bracelet blanc, dotée également d’un fonds saphir permettant d’admirer un rotor en forme de nautile. Son pendant entièrement noir lui fait contrepied.Démonstration d’un savoir-faire Panerai Luminor 1950 Submersible Depth Gauge © Officine panerai Blancpain n’est toutefois pas la seule marque à avoir jeté son dévolu sur l’univers marin. L’année 2007 a en effet été des plus riches en la matière avec des modèles émanant de Maisons qui ont quasi toute une légitimité historique dans la montre de plongée. Jaeger-LeCoultre, dont la Memovox Deep Sea date de 1959, lançait ainsi une collection Mater Compressor Diving comprenant un GMT, un chronographe et une version Geographic dotée d’un profondimètre mécanique inédit. Particularité de cette nouvelle gamme : une étanchéité à 1000 mètres, soit une pression de quelque 100 kilos au cm2. Autre sortie remarquée, celle de Panerai, une marque qui a également fait ses premières armes aux poignets des nageurs de combat italiens en 1950 et qui lançait sa Luminor 1950 Submersible Depth Gauge. Ce modèle est aussi dotée d’un profondimètre animé par un dispositif électronique sophistiqué constituant un deuxième mouvement autonome inséré dans le boitier. Sans être exhaustif, on peut également citer la Longines Legend Divers, réédition d’un modèle de plongée de la marque datant de 1960, la Breitling Superocean, dont l’original date de 1957, la Instrument & Mesure du Temps W, dotée d’une armure-lunette détachable conçue comme un scaphandre servant de loupe luminescente, ou encore la IWC Aquatimer « Cousteau Divers » édition limitée et la Bell & Ross Instrument BR02, également étanche à 1000 mètres.  Aquatimer Chronographe «Cousteau Divers» d'IWC © IWC Comme on le voit, nombre de Maisons actives dans le haut de gamme se sont fait un point d’honneur à enrichir leurs collections de montres aux caractéristiques extrêmes. Pour bien monter que l’horlogerie n’est pas qu’une question de décoration de ponts et de platines ou de maîtrise des complications, elles font ainsi la preuve de leurs capacités à développer des garde-temps d’une extrême fiabilité en toutes circonstances et d’une résistance aux conditions les plus éprouvantes comme les chocs ou la pression en eaux profondes. Quel plongeur amateur pourrait même considérer descendre un jour dans ces fosses abyssales muni d’une montre mécanique à son poignet ? Là n’est assurément pas la question, rétorquent les horlogers. La démonstration d’un savoir-faire et d’un maîtrise technique est à leurs yeux la meilleure des justifications.Rolex face à la mer
En ligne direct avec une année 2007 faste en nouveaux modèles de plongée, Rolex a décidé de marquer les douze mois en cours de sa propre empreinte dans le domaine des profondeurs marines avec son Oyster Perpetual Sea-Dweller Deepsea, une montre de professionnelle destinée aux grands fonds.
Rolex fait la coure aux professionnels Oyster Perpetual Sea-Dweller Deepsea est étanche jusqu’à 3'900 mètres © Rolex Inutile d’ergoter longtemps, si Rolex est généralement avare de véritables nouveautés qui viennent chambouler ses collections, à chaque fois que la Maison genevoise sort un modèle original, c’est généralement pour apporter une innovation majeure. La Oyster Perpetual Sea-Dweller Deepsea ne fait pas exception à la règle. Ce garde-temps a en effet été conçu pour les grandes profondeurs, selon un cahier des charges mis au point en collaboration avec la Comex (première société mondiale d’ingénierie, de technologie et d’intervention sous-marines). Résultat : la Oyster Perpetual Sea-Dweller Deepsea est garantie jusqu’à 3'900 mètres ! « Les innovations techniques ont été mises au point pour répondre aux exigences professionnelles extrêmes, exposent Stéphane Dufour et Eric Grippo, ingénieurs chez Rolex. L’objectif était d’arriver à obtenir un bon équilibre entre la taille de la montre et son étanchéité adaptée aux grandes profondeurs, tout en offrant un excellent confort d’utilisation en termes de lecture est de réglage. » Pour parvenir à un tel résultat, différents systèmes innovants ont dû être mis au point. La nouvelle architecture Ring Lock System assure dans un premier temps une étanchéité parfaite et une résistance à la pression par l’intermédiaire d’une bague en acier inoxydable sur laquelle repose directement la glace et le fond du boîtier. La programmation du temps de plongée est facilement réglable, même avec des gants, grâce à une nouvelle conception de la lunette tournante munie d’un système à denture Breguet et à billes qui garantit une maîtrise du couple de rotation. L’affichage du temps de plongée est assuré par une nouvelle matière luminescente, le Chromalight, et d’un zéro de graduation intégré dans la lunette. Quant au fermoir, il a également été l’objet de toutes les attentions qui se sont traduites par un nouveau système de réglage du bracelet composé de deux éléments distincts permettant un allongement de 36mm. La montre est bien évidemment équipée d’une valve à hélium.
De la poussière à la fosse des Mariannes
Si l’étanchéité est aujourd’hui considérée comme une caractéristique quasi indispensable de tout garde-temps, il n’en a pas toujours été ainsi. Mais pour parvenir à une parfaite isolation des boites de montre, le premiers horlogers n’ont pas cherché en premier lieu à les rendre imperméables aux attaques de la rouille due à l’humidité ou à toute immersion en milieu liquide. Ce sont avant tout les poussières qui les ont préoccupés car susceptibles de perturber la bonne marche des mouvements mécaniques. Un des premiers brevets déposés pour une montre imperméable remonte ainsi à 1893, dû à Achille Cella de Messine qui mit au point deux anneaux de caoutchouc placés dans la carrure et un petit tuyau de même matière isolant la tige de remontoir. Progressivement, les techniques vont évoluer tendant à rendre la montre parfaitement étanche. Une prouesse que vont réaliser John Harwood en 1920 et surtout Hans Wilsdorf en 1926 avec la Rolex Oyster à la couronne vissée, une véritable révolution dans l’univers horloger de l’époque. Pour Rolex, ce sera d’ailleurs de coup d’envoi d’une série d’innovations remarquées dans le domaine de la plongée qui se sont traduites par la Submariner en 1953, première montre de plongée grand public, suivie de la Sea-Dweller (1971), version plus professionnelle, sans oublier la Deep Sea Special envoyée à 11'000 mètres dans la fosse des Mariannes en 1960.
 En 1960, un modèle Oyster «Deep Sea Special » est réalisé et accompagne le bathyscaphe Trieste dans la fosse des Mariannes © Rolex Aujourd’hui, pour obtenir l’appellation montre de plongée, les différents modèles doivent répondre à des critères définis par la norme NIHS 91-11 (ISO 6425) stipulant des caractéristiques bien précises quant à la luminosité, à la résistance aux chocs comme aux champs magnétiques et à la solidité du bracelet. Elles doivent en outre résister à des plongées d’au minimum 100 mètres, autorisant par exemple la plongée en apnée. Lunette tournante unidirectionnelle, verre robuste, affichage fluorescent font ainsi partie des attributs indispensables à ce type de montres qui, selon les cas, sont également dotées d’une valve à hélium, d’un profondimètre, d’un indicateur des paliers de décompression, voire d’une alarme annonçant la fin du temps de plongée. |
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